Conseils de recherche, Rue Pomme d'Or

Le 34 rue Pomme d’Or aujourd’hui

Par où commencer? Comme je l’ai indiqué dans cet article, j’ai étudié l’histoire du 34 rue Pomme d’Or dans mon mémoire de recherches. Elle est donc assez étoffée, couvrant une période allant d’aujourd’hui au XVIIIème siècle. Une certaine logique voudrait que je commence par le début, c’est-à-dire la période la plus ancienne, mais n’ayant pas (encore) trouvé l’origine de construction, ça m’ennuie de commencer par un début qui n’en est pas un. Alors je commence par la fin? Cela nous permet d’entamer ce voyage dans le temps d’un point que nous partageons, vous et moi, le présent. Allons-y Alonzo!

Aujourd’hui donc, au cœur du quartier des Chartrons, le n° 34 est groupé avec le n° 36 pour former un immeuble d’habitation, dont la façade sur la rue Pomme d’Or ne paye pas de mine… La bâtisse comporte quatre logements, un loft et trois T2.

La plus récente transformation a eu lieu en 1999, selon les plans du permis de construire n° 1170 W 9055 conservé aux Archives Bordeaux Métropole. Le bâtiment recevait encore à l’époque une activité professionnelle :

AC BDX - 1170 W 9055 - 34 PO - Permis de construire 1997 (21)
Façade existant avant les travaux de 1999 – ABM – 1170 W 9055.

Les travaux vont modifier la destination de l’immeuble, qui sera dès lors consacré à l’habitation.

Grâce à ces plans, on peut identifier les éléments du bâti d’origine qui ont été conservés : trois poteaux porteurs, ainsi que les murs périphériques et le porteur intérieur.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le matériau de construction de ces éléments de structure est probablement de la pierre de Bordeaux, bien que les devis de construction n’aient pas été trouvés. « La pierre de Bordeaux, terme usité même si aucune pierre de taille n’a été extraite du sous-sol même de la cité aquitaine, correspond à une formation bien définie dans le contexte stratigraphique régional : le calcaire à Astéries. »[1]

La toiture a été remaniée en partie centrale, pour permettre la création de la terrasse intérieure du loft. On voit encore les appuis de la charpente dans le mur mitoyen, ainsi que les marques d’intempérie en partie supérieure du mur, dans la zone qui était exposée avant la suppression de la toiture :

Mitoyen_terrasse
Vue sur mur mitoyen avec anciens appuis de charpente – Cliché L. MARTIN 2017.

Voilà, sommairement, pour le bâti actuel. Qu’en est-il maintenant des propriétaires successifs?

Lorsqu’on s’intéresse à cette question, la première étape incontournable est le service de publicité foncière dont dépend le bien. Créés au premier janvier 2013 en remplacement des conservations des hypothèques, les services chargés de la publicité foncière ont « pour mission de porter à la connaissance de tout usager qui en fait la demande les renseignements concernant la situation juridique des immeubles (identité des propriétaires successifs, prix des différentes ventes, copie des documents de vente immobilière, donation…). » Capture écran service public immoEn allant sur le site officiel de l’état, vous pourrez télécharger les imprimés à compléter pour effectuer ces demandes, et ensuite les adresser au service de publicité foncière concerné.

Bien que l’information soit librement communicable, elle n’en est pas moins payante, pour couvrir le temps de recherche utilisé par le personnel administratif. Ainsi, la « demande de renseignement » vous coûtera 12 euros par immeuble, auxquels vous ajouterez les éventuels frais postaux. Vous recevrez en retour une copie des informations détenues par le service. Pour avoir une copie des documents contenant ces informations, il y a un autre formulaire, et d’autres coûts (15 euros par acte, par exemple)[2].

Je vais être franche, je n’ai jamais fait ces demandes pour le 34, compte tenu de la centaine d’euros nécessaire et des délais d’attente des réponses administratives. Le temps et l’argent m’étaient comptés lorsque j’ai établi ce mémoire, et j’étais pressée de remonter loin dans le temps! Heureusement, il existe d’autres sources pour la période contemporaine et, bien sûr, de multiples sources pour les temps plus anciens… Dans le prochain article, vous découvrirez la liste des propriétaires successifs du 34 rue Pomme d’Or!


[1] DEROUIN, Jean-Paul, La pierre de construction dans le département de la Gironde, 126e congr. nat. soc. hist. scient., Toulouse, 2001, Carrières et constructions IV, p. 83-98. Accessible par http://www.paysdecernes.org/IMAGES/2007/derogiro.pdf

[2] Si vous passez par un moteur de recherche internet, vous trouverez aussi des sociétés privées qui réaliseront les démarches à votre place. Elles vous factureront leur intervention en sus des frais administratifs.

4 réflexions au sujet de “Le 34 rue Pomme d’Or aujourd’hui”

  1. Je suis avec attention cette recherche car étant propriétaire d’une « maison Bordelaise » de 1900 dans le quartier Nansouty St Genès, je me posais la question de son histoire. Je connais les précédents propriétaires jusqu’à 1970 mais pas au-delà et ne savais pas comment m’y prendre jusque là. En tout cas, bravo, j’ai hâte de lire la suite 🤗
    Marie

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s