Rue Pomme d'Or

Le 37 rue Pomme d’Or

Nouvelle étude dans le cadre du Défi « Rue Pomme d’Or »! Après le numéro 34 où je réside, je vous invite à découvrir une partie de l’histoire du numéro 37, presque en face.

rue_pomme_dor_vue_n37.jpg
Vue actuelle du 37 rue Pomme d’Or – Collection personnelle

La plus ancienne trace dont je dispose concernant le 37 est un acte de vente passé le 30 ventôse an XII (mercredi 21 mars 1804) devant Maître Duprat, notaire à Bordeaux, entre les héritiers d’un certain Jean Viard, et Jean Briol, un des arrière-grands-pères de Ferdinand Lasserre.

AD33 - 3 E 20497 - Vente 37 PO VIARD BRIOL 1804 (1)
En-tête de l’acte de vente du 37 rue Pomme d’Or – Archives Départementales de la Gironde – 3 E 20497

Cet acte est intéressant à double titre. D’abord on y trouve une description du bien vendu (la transcription suit juste après l’image):

AD33 - 3 E 20497 - Vente 37 PO VIARD BRIOL 1804 (2)
Description des « échopes » acquises par Jean Briol – Archives Départementales de la Gironde – 3 E 24497 / 47

« Deux échopes ou petites maisons contigues situées en
cette ville, l’une rue pomme d’or n°17 et l’autre impasse pomme
d’or, sans numéro, consistantes chacune en une chambre basse, une
chambre haute, grenier au dessus, latrines, escalier en bois, […] »

Le type « échope » dont il est question ici correspond-il à la célèbre échoppe bordelaise? Je suis tentée de dire non, du fait de la présence d’un étage et de l’absence de jardin. Pour vous en assurer par vous-même, je vous invite à lire L’échoppe, un art de vivre, paru en 2003 chez A Editions, bel ouvrage relatant l’histoire de cet habitat typique de la ville.

Couverture_echoppe

Quoi qu’il en soit, ces deux maisonnettes intéressent Jean Briol! A 34 ans, il cherche à acquérir un bien immobilier pour y installer sa famille et son activité.  Il exerce son métier de tonnelier dans le quartier depuis de nombreuses années. Marié depuis dix ans à Suzanne Feyrin, ils ont trois filles, Marie, Marie Seconde (oui oui) et Elisabeth, qui grandissent déjà rue Pomme d’Or.

Le deuxième intérêt de l’acte de vente est qu’il mentionne l’origine de propriété des biens. Les vendeurs s’appellent Louis Viard, Jean Justin Viard et Hyacinthe Jouet, fils de Angélique Viard (décédée). Les trois Viard sont frères et soeur, enfants et héritiers de Jean Viard et Elisabeth Licerasse, décédés. Les biens sont en indivision depuis le décès de leur mère trois mois plus tôt. Le partage des biens a été réalisé la veille, en préparation de la vente. Jean Viard était tailleur pour femme, et possédait les échoppes depuis plus de soixante ans. Elles appartenaient précédemment à un dénommé Etienne Buissière, qui lui-même les avaient achetés aux citoyens Jean Jeandreau père et fils en 1728.

AD33 - 3 E 20497 - Vente 37 PO VIARD BRIOL 1804 (4)
Extrait de l’acte de vente Viard/Briol – Archives Départementales de la Gironde – 3 E 20497 / 47

« auquel dit Etienne Buissière les dites maisons appartenaient
comme les ayant acquises, avec d’autres biens, des citoyens Jean
Jeandreau père et fils, par deux contrats passés devant Banchereau »

En allant chercher les actes de ces transactions, on peut continuer à remonter le temps, pourquoi pas jusqu’à l’origine de construction.

Lorsque Jean Briol décède en 1835, la maison du 37 rue Pomme d’Or est transmise à sa fille aînée Marie (Gracieuse Marie Briol). Elle est alors décrite comme suit (la numérotation des rues de Bordeaux a été modifiée en 1843, le 37 actuel portait le 21):

AD33 - 3 E 24554 - Partage filles BRIOL - 24 11 1835 - 3
Extrait du partage des biens de Jean Briol en 1835 – Archives Départementales de la Gironde – 3 E 24554 / 418

« une maison située à Bordeaux, rue Pomme d’Or
n°21, ayant façade sur l’impasse n°1. Cette maison bâtie
par le dit feu sieur Briol, sur le local de deux échoppes par lui
acquises, suivant contrat en date du trente ventôse an douze,
devant Me Duprat, notaire à Bordeaux. »

Dans l’inventaire des biens réalisé peu avant le décès de Jean Briol (du fait de son internement à l’hospice des aliénés de Bordeaux, dont je vous parlerai une autre fois), on trouve une description sommaire des lieux: un atelier de tonnellerie au rez-de-chaussée et, en enfilade, à l’étage, trois chambres et une cuisine. Nulle question d’un deuxième étage, alors que la photo du bâtiment actuelle (en tête d’article) montre bien deux étages.

Je ne sais pas à quelle époque l’immeuble a été modifié. Barthélémy Lasserre, le fils de Marie Briol, en a hérité à la mort de celle-ci, et l’a occupé au moins jusqu’en 1871. Il ne la possédait plus à sa mort en 1906, elle a donc été vendue entre temps. Son fils Ferdinand y vivait en 1886, au moment de son divorce avec Anne Méric. Une petite fouille des archives notariales s’impose, mais ce n’est pas ma priorité pour l’instant.

Je me demande quelle va être la prochaine maison du Défi Rue Pomme d’Or

 

 

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